* le changement de nourriture…
…sera très probablement la première difficulté. Ce
que vous mangerez sera très différent de votre alimentation habituelle
et peut-être votre organisme y réagira-t-il car les plantes sauvages
sont souvent fortes.
Vous aurez sans doute faim. La quantité sera très nettement moindre
que dans votre vie de tous les jours, mais vous savez bien que, souvent, vous
mangez trop car l’habitude (« Il est midi ») et les compensations
affectives viennent se mêler à vos besoins réels. En fait,
il est très important de faire l’expérience d’une
faim véritable : c’est là que risque de se manifester la
peur de manquer qui est à l’origine de bon nombre de nos comportements
morbides dans notre vie quotidienne. Réussir à identifier cette
peur primordiale et à la dépasser est l’une des fonction
de la « survie douce ». Attendez-vous donc à sauter petit
déjeuner, déjeuner ou dîner - parfois deux, parfois les
trois... - car nos repas dépendront de notre cueillette, de notre rythme,
des activités, du temps, etc. Mais n’ayez crainte : vous survivrez
!
Il est possible que vous ressentiez de la faiblesse, voire une hypoglycémie,
ce qui est sans danger pour une personne en bonne santé. Rappelez-vous
que vous devez l’être pour venir avec nous (avez-vous renvoyé la
feuille de décharge jointe à la lettre d’inscription ?).
Il
vous faudra sans doute un certain temps pour vous habituer à cette
nouvelle alimentation, mais vous ne tarderez pas à vous
rendre compte que de petites quantités suffisent à vous
procurer l’énergie nécessaire. Les plantes
sauvages sont remarquablement nutritives, et l’on ne
se nourrit pas que de substances physiques... Et tout en vous
rapprochant de vos besoins réels, vous découvrirez
un sentiment de légèreté, qui permet de
s’accorder aux fines vibrations de la nature.
Pour
la plupart des personnes, une transition de 2 ou 3 jours
s’avère nécessaire, plus ou moins difficile
suivant l’état de l’organisme et son adaptabilité aux
changements. Attendez- vous à perdre du poids !
* le manque de sommeil…
…se fera peut-être sentir, à cause du confort précaire,
de l’environnement inhabituel, du froid, de l’inquiétude...
C’est une question d’équipement et d’entraînement,
alors pensez-y auparavant. Il est possible que vous dormiez mal, mais ce sera
aussi quelque chose à vivre, une difficulté à surmonter.
* les conditions atmosphériques…
…peuvent souvent être défavorables. Le
froid et la pluie, les orages fréquents en été,
en plus de leur effet physique peu agréable, peuvent
saper le moral ! Un bon équipement est indispensable,
et une habitude de ces difficultés permet de les supporter
plus facilement.
Souvenez-vous
que dans notre recherche de lieux beaux et sauvages, où la nature s’exprime encore avec force,
nous serons souvent en montagne, où le climat, même
en plein été, peut être rude et changeant.
…pourra être ressenti comme intense : marche,
montées et descentes, port du sac à dos, etc.
Un bon entraînement est nécessaire, ne l’oubliez
pas.
Nous
marcherons parfois en pleine chaleur, sous le soleil de midi
: c’est quelquefois inévitable... et c’est ça
aussi la survie - aller plus loin que ses habitudes, que son
confort. Pensez juste à bien boire.
…avec son rythme trop lent, ponctué de temps
morts, peut être difficile à supporter pour certains.
Souvenez-vous que pour d’autres, ce même rythme
représente déjà un effort !
Les « temps morts » sont des moments particulièrement importants
pour apprendre à se découvrir : toujours être en train
de faire quelque chose sert souvent à cacher son vide intérieur.
La survie est l’occasion d’arrêter parfois ce processus pour
enfin simplement être. Asseyez-vous et écoutez, ressentez la nature,
méditez... Si ce n’est pas possible, décidez de faire quelque
chose mais ne vous attendez pas à être pris en charge : une survie
n’est pas une randonnée programmée ni un camp de vacances.
Ce que vous apprendrez ainsi aura bien plus de valeur que toutes les techniques
que je pourrais vous enseigner, que toutes les informations que je pourrais
vous donner. C’est de vous-même qu’il s’agit !
Cela fait partie des règles du jeu, alors soyez prêt à y
faire face en exerçant votre patience et votre positivité. C’est à chacun
de nous de faire marcher les choses. N’attendez pas qu’on vienne
vous chercher, proposez ! Nous vous suggérons de prendre conscience
du fait que l’apport de votre dynamisme est indispensable et d’être à l’écoute
de celui des autres.
* l’environnement différent…
…de votre cadre de vie habituel risque de vous désécuriser.
On se sent souvent tout petit devant la nature, et l’inconnu
fait peur...
Soyez
prêt à vivre l’imprévu car
tout ne sera pas programmé, repéré à l’avance.
Tâchez de devenir conscient de cet éventuel sentiment
d’insécurité et d’en découvrir
les causes - ce qui aidera à renverser le processus.
L’insécurité est un des mots-clés
de la survie : cette expérience est un révélateur
de nos peurs intérieures, des angoisses que nous avons
devant l’inconnu. C’est l’occasion de les
voir en face, de les identifier au lieu de les fuir comme dans
la vie civilisée, et de les dépasser en se rendant
compte tout simplement que la plupart d’entre elles ne
sont pas fondées. Quel soulagement - après-coup
!
* le manque de stimulations…
…sera peut-être un problème. Dans la vie
actuelle, nous sommes habitués à toujours être
en train de « faire » quelque chose, dans un monde
où tout doit aller vite, où des informations
nous assaillent de toutes parts... Le calme crée un
vide inquiétant - que nous pouvons remplir de façon
créative. A chacun de jouer !
La faiblesse due à la faim, au manque de sommeil, le sentiment d’insécurité et
les autres difficultés évoquées plus haut peuvent provoquer
de la mauvaise humeur, voire de l’agressivité, qui se retourneraient
facilement contre l’animateur... Il ne s’agit pas de réprimer
ces sentiments, jugés négatifs. S’ils se manifestent, c’est
qu’il y a une raison. Mais il est important de les remettre dans une
juste perspective en cherchant à voir d’où ils proviennent
et ce qu’ils impliquent.
Les
difficultés font partie intégrante de l’aventure.
N’en rejetons pas systématiquement la faute sur
les circonstances, ni sur l’« autre » car
nous y avons également notre part de responsabilités.
L’agressivité que nous ressentons ne provient
que de nous : le groupe, l’animateur ne sont en fait
que notre miroir... L’admettre, le comprendre, puis dépasser
ces difficultés, c'est cela aussi qui nous aide à grandir.
Comment
réagissez-vous quand quelque chose ne va pas?
Pour
y réfléchir un peu, observez le dessin
ci-dessous :

Pour vous, la bouteille est-elle à moitié pleine ou à moitié vide?
Lorsqu’une difficulté surgit, quelle qu’elle
soit, il est très important d’en parler, dès
qu’elle est perçue, à la personne concernée
(si c’est le cas), ainsi qu’à l’animateur,
qui est là aussi pour vous aider à la surmonter.
Lorsque vous vous sentirez en confiance dans le groupe, dès
qu’il sera assez soudé, parlez- en aussi avec
les autres. Nous sommes là pour vivre ensemble cette
aventure.
Chacun
est responsable de ce qu’il vit, d’agir
et de communiquer pour modifier ce qui ne va pas en cas de
problème, devant l’ensemble du groupe ou devant
l’animateur - évitez de le faire en petit comité sans
que les choses apparaissent au grand jour. Je souhaite vous
considérer comme des adultes et non comme des enfants.
Voici
une occasion d’apprendre un peu plus de la vie,
si riche, si passionnante!
Et si, malgré tout, les difficultés que vous
rencontrez vous forcent à partir (c’est votre
droit), faites-le sans arrière- pensée. L’occasion
de recommencer se présentera quand vous serez prêt.
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mercredi 8 février, 2006 10:29