Projet Togo
Dernières nouvelles : Lucie au Togo
Cela fait maintenant deux mois que je suis au Togo.
Six mois après la dernière visite de François Couplan,
je suis venue apporter ma contribution aux projets qu'il a commencés
il y a un an et demi avec son ami Sylvestre Tondjo, étudiant en environnement à Lomé.
Comme dans beaucoup de pays tropicaux, la surface des forêts diminue
de jour en jour.
Il y a plusieurs raisons à cela : l'utilisation du bois pour en faire
du charbon, la revente (juteuse) du bois d'œuvre aux pays occidentaux,
le déboisement pour libérer des surfaces cultivables.
La disparition des forêts a de graves conséquences directes pour
les populations qui en dépendent, et, à plus long terme, pour
le planète entière.
Face à ces problèmes, Sylvestre Tondjo et moi réalisons
deux types d'activités principales dans le pays : nous tenons des réunions
de sensibilisation à l’importance de la forêt et aux moyens
de sa sauvegarde, notamment par le compost, et nous recueillons des informations
sur les plantes médicinales auprès d’un herboriste-guérisseur,
afin que celles-ci puissent être transmises.
Voici un résumé de nos activités dans deux villages situés à proximité de la ville de Kpalimé.
A Womé, nous travaillons avec Bob Komivi Aboumou à l’identification des plantes dans le jardin botanique en création de l'association Akatamanso. Il désire planter des arbres médicinaux en disparition pour les préserver et les proposer aux femmes du village. Il a également commencé à y faire une pépinière pour faire grandir des plants. Ceux-ci seraient ensuite donnés aux agriculteurs et aux personnes voulant reboiser.
Nous avons rencontré le groupement d’agriculteurs du village.
Nous leur avons expliqué (théorie et pratique) les raisons d'utiliser
le compost, sa réalisation, son entretien et son utilisation. Ils ont été très
actifs dans la réalisation du tas que nous avons fait chez l'un d'eux
en démonstration.
Ces agriculteurs sont prêts à remplacer les engrais chimiques
par le compost dans leurs champs.
Cependant, l’acquisition d’engrais chimiques auprès d’uns
société de l’état leur garantit « gratuitement » les
semences (riz, maïs) qu'ils utilisent. La société leur
prend ensuite une partie de leur récolte pour compenser le « don » de
ces semences.
Le groupement d'agriculteurs que nous avons rencontré est conscient
des méfaits des engrais et est prêt à utiliser le compost.
Leur condition consiste en ce que nous les aidions à acheter les semences
de la première année, afin qu’ils puissent avoir des économies
au cas où il n'y ait pas les résultats espérés.
Le coût d’achat de ces semences s’élève à 350
000 Francs CFA pour les 40 agriculteurs du groupement, soit 540 euros. Il
constitue une sorte de garantie pour la solution que nous leur proposons.
La fabrication nécessite également du petit matériel
tel que des fourches, des pelles et des brouettes pour le compost.
Nous retournons à Womé dans quelques jours pour enseigner le
compost à d’autres groupements d’agriculteurs autour du
village.
Connaissant l’efficacité de la technique du compostage, nous estimons – et c’est aussi l’opinion des agriculteurs – qu’il est indispensable de diffuser ces informations, avant qu’il ne soit trop tard. Nous avons commencé à financer du petit matériel dans le village de Kouma Konda à une vingtaine de kilomètre de là, mais nous ne pouvons continuer seuls à fournir les outils nécessaires à plusieurs villages. De plus, l’implication de plusieurs personnes en Europe renforcera le message que nous souhaitons faire passer et leur apportera un soutien moral essentiel.
Le prix d’une fourche ici au Togo est d’environs 2000 Francs
CFA, soit 3 euros. Une pelle coûte 3500 CFA, soit environs 3,50 euros.
Il faut compter environs 15 000 CFA, soit 23 euros, pour une brouette.
Le groupement du village de Womé nécessite 10 fourches, 10 pelles
et 10 brouettes, soit un total de 205 000 CFA ou 316 euros.
Si vous désirez les aider pour le petit matériel de compostage
ou l’achat des semences, n’hésitez pas à nous contacter
XXX. Connaissant les prix du matériel, vous comprenez que même
les petits gestes permettent diminuer d’une manière significative
les impacts sur l’environnement.
Nous avons également rencontré l'association des femmes de Womé.
Elle compte une centaine de participantes. Nous les avons sensibilisées
au tri des déchets ménagers (plastiques et conserves, piles,
déchets dégradables), à l'utilisation des légumes-feuilles
dans leurs plats, de la diminution de l'utilisation des sacs plastiques. Nous
leur avons également exposé un partenariat avec le jardin botanique
proposé par l’association Akatamanso : elle propose que les femmes
aident l'association à entretenir le jardin et la pépinière
en échange de connaissances sur les utilisations médicinales
des plantes et de la collecte de celles-ci pour se soigner.
Durant notre second séjour dans ce village, nous allons également y mettre en place des bacs de collecte de sacs plastiques et de piles. En effet, tous les produits achetés au marché et dans les boutiques sont emballés dans un voire plusieurs sacs plastiques qui sont ensuite jeté un peu partout. De plus, malgré la présence de lignes électriques, le village n’a pas l’électricité et l’éclairage nocturne se fait à la torche à piles, le plus souvent peu durables. Nous n’avons pas, pour le moment, de solutions de recyclage, mais le stockage de ces déchets est moins nocif que leur présence sur le bord de la route ou dans les tas de compost. Nous espérons que cette action sans contrepartie directe sera suivie et soutenue par le plus grand nombre. La seule récompense sera celle, certes moins visible qu’une rémunération, de la réduction des substances nocives dans l’environnement proches des habitants, ainsi que la réduction des inondations lors des fortes pluies. A notre départ, Bob prendra notre relais pour rappeler régulièrement la nécessité de telles actions.
Nous travaillons aussi avec Gérôme Adzima, herboriste guérisseur à Kouma
Konda, petit village de la région fraîche des plateaux. Afin
de sauvegarder les connaissances traditionnelles sur les plantes médicinales,
François Couplan a décidé d’aidé Gérôme
dans la réalisation d’une plantation d’arbre médicinaux.
Certaines de ces plantes sont de plus menacées par la diminution de
la forêt.
Nous récoltons également des informations sur les utilisations des espèces présentes dans la plantation et dans la forêt alentour. Nous avons inventorié une centaine de plante pour le moment. Le document qui sera réalisé est destiné à être remis à Gérôme, afin que celui-ci puisse avoir une trace écrite de ces savoirs. Mais ce travail ne suffit pas pour le soutenir dans la préservation des ces précieuses connaissances. Nous avons donc financé une partie des outils nécessaire pour entretenir la plantation et notamment produire du compost. Afin d’apporter la dernière touche à la protection des arbres, Gérôme doit installer une barrière évitant aux enfants et aux animaux de détruire les jeunes plans. Si vous aussi désirez participer à la sauvegarde de ces pratiques traditionnelles, visitez la page qui est dédiée à ce projet.
Je vous donnerai bientôt des nouvelles de notre second séjour
dans ces deux villages. Nous espérons y tisser des liens plus forts,
afin que les actions commencées il y a maintenant un an et demi puissent
continuer à porter leurs fruits.








