Projet Liban
La nature...
Les environnements naturels sont d'une variété extraordinaire. Le littoral et la partie basse des montagnes appartiennent à la zone méditerranéenne la plus chaude, où poussent le caroubier, le pistachier et le myrte. Plus haut s'étagent les pins, les chênes à feuilles persistantes, puis leurs cousins à feuilles caduques, accompagnés d'un cortège varié d'arbustes, d'arbrisseaux et de plantes herbacées. Les célèbres cèdres du Liban ne se rencontrent qu'à partir d'une altitude de 1400 m dans quelques zones bien délimitées. Avec eux, et plus haut encore, croissent une multitude de végétaux adaptés aux conditions extrêmes de ces milieux, glacés en hiver et terriblement arides en été. Le nord-est de la Bekaa, qui ne reçoit que 200 mm d'eau par an, contre plus d'un mètre sur le versant occidental des montagnes, est couvert d'une végétation steppique, prémices des « déserts » syriens.
Tapis rose de silènes
Ces environnements diversifiés et en particulier le milieu montagnard méditerranéen sont à l'origine de la remarquable variété de la flore libanaise. Ce petit pays de 10 452 km² compte en effet plus de 2600 espèces végétales, alors que l'on n'en dénombre que 1600 en Grande Bretagne, 30 fois plus étendue, et 4200 en France, quelque 55 fois plus grande que le Liban... Et certaines de ces plantes ne se rencontrent nulle part ailleurs au monde : on dénombre 73 endémiques sur le territoire national.
Mais tout n'est pas rose pour la nature libanaise, loin de là ! Les fameux cèdres, appréciés pour leur bois depuis l'Antiquité, avaient presque totalement disparus. Les Phéniciens en construisaient leurs bateaux et ils servirent à la construction du Temple de Salomon à Jérusalem. De nouvelles forêts ont été plantées, mais il faudra attendre plusieurs siècles, pour pouvoir apprécier ces cèdres dans toute la majesté que présentent encore les rares exemplaires centenaires, millénaires peut-être, qui se rencontrent ça et là.
Un cèdre millénaire
D'une façon générale, les forêts libanaises ont été dévastées. Alors que la presque totalité du Liban était jadis recouvert d'un épais manteau de pins, de chênes, d'érables et de genévriers, seuls 13 % du territoire le sont toujours actuellement. Et encore la plupart de ces forêts ne sont-elles pas naturelles. Ainsi la grande forêt de pins parasols de Bkassine, près de Jezzine dans le sud du pays, a-t-elle été plantée par les Ottomans, au XIXème siècle pour la production de pignons - délicieux, il est vrai. Les chênes qui la composaient à l'origine sont réduits à l'état d'arbustes rabougris au nom de la « saine gestion » de la forêt.
Mais il y a pire. Le littoral est intégralement recouvert de béton et de bananeraies. Les villages ne cessent de s'étendre au détriment des oliveraies et de la garrigue, magnifiquement fleuries au tendre printemps. Partout, le paysage se mite de regrettables cubes de ciment ferraillé et de pompeuses villas aux frontons néoclassiques qui poussent comme de tristes champignons dans les endroits les plus inattendus. Les bulldozers tracent les routes nécessaires pour les relier à un réseau routier déjà dense et en profitent pour bousculer une nature déjà bien éprouvée. Pratiquement tous les cours d’eau sont pollués et ne sont plus, autour des villes, que des cloaques nauséabonds !
Renoncule asiatique








