Projet Liban
... et les hommes
Disons-le, la conscience écologique au Liban est encore à l'état de bourgeon... Il faut dire que les guerres passées et l'insécurité concernant le futur conduisent davantage à vivre au jour le jour qu'à penser à préserver son cadre de vie. Tous les légumes et les fruits sont produits à grand renfort d'engrais et de pesticides, et la pollution est extrême, mais chacun mange à sa faim. Les centres commerciaux fleurissent et la course effrénée à la consommation n'a rien à envier à ce qui se passe ailleurs dans le monde.
Si ce n'est qu'ici les contrastes sont saisissants. Les pauvres paysans du sud Liban, dont les villages ont été de nouveau dévastés lors de l'offensive israélienne de 2006 et les riches Beyrouthins à l’opulence insolente vient dans deux mondes totalement différents. D'ailleurs la diversité culturelle du pays, l'une des plus grandes du monde, fait à la fois sa force et sa faiblesse.
Dix-huit communautés différentes tentent de cohabiter sur ce petit territoire.
Les plus importantes sont les chrétiens maronites et les musulmans sunnites,
shiites et les druzes. L'histoire mouvementée du Liban et sa géographie montagneuse
qui a permis à de nombreuses minorités d'y trouver refuge expliquent cette
diversité culturelle. Il est fascinant, en passant du temps avec les uns et
les autres, de découvrir leurs univers différents. Mais les tensions entre
les communautés, exacerbées par la création d'Israël et par les jeux des puissances
internationales ont résultés en une guerre civile de plus de quinze ans qui
reste davantage encore qu'un souvenir. Le sentiment d'appartenir à sa propre
communauté est plus fort que celui d'être libanais. Pourtant, avec de la bonne
volonté de la part de chacun, cet inconvénient pourrait être transformé en
avantage et le Liban devenir le lien essentiel entre l'Occident et le monde
arabe.
Il serait faux, en effet, de considérer le Liban comme un pays exclusivement
arabe. Si l'arabe est la langue officielle et parlée au quotidien, le français
et l'anglais sont enseignés à l'école. La plupart des Libanais sont – plus
ou moins - trilingues. Certains parlent parfaitement notre langue, tandis
que d'autres ne balbutient que quelques mots d'anglais. En tout cas, pour
le visiteur, la communication s'en trouve grandement facilitée.
Dans la rue...








