Pourquoi les plantes sauvages ? - Les plantes ne sont pas une fin en soi

Accueil
Accueil
Plantes sauvages comestibles et médicinales…

Pourquoi les plantes sauvages ?

Règles de cueillette

Cueillir, c’est bien, bien cueillir, c’est mieux. Il importe pour cela de respecter certaines règles, afin de ne pas porter atteinte aux plantes et à la nature. Sans doute tombent-elles sous le sens, mais il est bon de les rappeler. Dans notre société, les végétaux sont souvent considérés comme négligeables, voire indésirables. L’intérêt que vous portez aux plantes sauvages vous les fera certainement percevoir différemment, mais notre culture nous a tellement habitués à dominer, détruire et gaspiller que nous agissons souvent de manière inconsidérée. Certes, les dégâts que peut causer un individu sont légers si on les compare à ceux d'une armée de bulldozers, mais il est bon de se souvenir de ce qui suit :

• Mettez en pratique le geste auguste du cueilleur : récoltez délicatement jeunes pousses, feuilles et fleurs entre le pouce et l'index, en les coupant avec l'ongle. Trop souvent, on attrape la tige avec le gras des doigts, puis on tire en essayant de la casser, ce qui a souvent pour effet d’arracher la plante !
• Ne ramassez que les parties tendres des végétaux, seules intéressantes à consommer, plutôt que de rapporter la plante entière qu'il vous faudrait ensuite longuement préparer.
• Cueillez propre : débarrassez soigneusement sur le champ les éléments de votre cueillette de tous éléments étrangers : herbes, brindilles, terre, etc., afin de gagner du temps en cuisine.
• Prévoyez un sac différent pour chaque plante ou partie de plante. Cela vous permettra d’éviter de tout mélanger et de devoir trier l’ensemble de votre cueillette au moment de la préparation du repas.
• Ne déracinez pas une plante à moins de vouloir en utiliser la partie souterraine. Dans ce cas, ne le faites que si cette espèce est très répandue et localement abondante. En l'occurrence, éclaircir un champ d'oignons sauvages ou de pissenlits ne peut que profiter aux individus qui resteront.
• Ne touchez en aucun cas à une plante si elle appartient à une espèce menacée ou, ce dont il est plus facile de se rendre compte, si elle est rare à l'endroit où vous vous trouvez. Les Indiens, spécialistes de la Nature, ne cueillaient jamais le premier spécimen qu'ils rencontraient d'une certaine espèce, mais attendaient toujours d'en voir plusieurs autres.
• Ne récoltez que ce dont vous avez besoin dans l'immédiat, car toute plante, qu'elle soit sauvage ou cultivée, doit être consommée aussi fraîche que possible. Il n'y a pas besoin de cueillir des quantités de plantes qui attendraient quinze jours dans le réfrigérateur alors que votre source de ravitaillement se trouve à votre porte.
• Cependant, si vous habitez en ville, vous pouvez aller vous ravitailler chaque week-end et conserver votre récolte pour la semaine en enveloppant les différentes plantes, séparément, dans des torchons humides, puis dans des sacs en plastique que vous placerez dans le bac à légumes du réfrigérateur.
• Cueillez de préférence dans des sacs en toile, où les plantes respireront. Si vous n’en avez pas, ne laissez jamais vos plantes dans des sacs en plastique sans les réfrigérer, car elles ne tarderaient pas à s’abîmer. II en va bien sûr différemment avec les plantes ou parties de plantes qui se conservent telles quelles (noix et graines) ou bien qui ont été séchées au préalable.
• À ce propos, baies et noix sont en saison la nourriture principale de bon nombre d'animaux sauvages (oiseaux, écureuils, loirs, etc.) : n'oubliez pas de leur en laisser.
• Ne ramassez pas trop. Cela signifie également que, d'une façon générale, vous ne devriez cueillir que quelques feuilles sur chaque individu (suivant sa taille) pour éviter de le tuer.
• Ne cueillez pas toutes les fleurs et les graines d'une plante, surtout s’il s’agit d’une annuelle, annuelle, car elle en a besoin pour se reproduire.
• Soyez attentif aux pollutions possibles et renseignez-vous sur les risques locaux et les traitements récents ou plus anciens.
• Méfiez-vous des plantes sur lesquelles ont été répandus des pesticides, engrais chimiques ou désherbants, intentionnellement ou non (vergers, champs, etc.). Faites attention si elles poussent dans des zones très polluées (bord des routes, décombres, etc.). Rejetez toutes les plantes qui semblent anormales, malades ou flétries. Ne ramassez strictement que celles qui resplendissent de santé : c’est avant tout une question d’observation, mais dans bien des cas, votre intuition pourra aussi vous guider.
• Lavez soigneusement tout ce que vous avez cueilli et réexaminez vos plantes une à une pour éviter les erreurs possibles : il est si facile de glisser deux ou trois feuilles de renoncule ou une petite euphorbe dans votre salade de stellaire… Il est préférable d'en être averti par vos yeux plutôt que par votre palais.

Que la sagesse vous guide !

Ce que dit la loi...
La cueillette, quelle qu’elle soit, est soumise à l’autorisation préalable du propriétaire, que le terrain soit privé ou public. L’article 547 du Code civil stipule en effet que « les fruits naturels ou artificiels de la terre [...] appartiennent au propriétaire du fonds par droit d’accession ». Une amende allant jusqu’à 150 euros est prévue en cas de non-respect de cette loi. Pensez donc à toujours obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain où vous souhaitez cueillir. Ce peut être une personne, une commune ou l’état. Dans ces derniers cas, il faudra s’adresser à un représentant de ces entités. Une plante figurant sur la liste des espèces menacées
ne doit, c’est légal, en aucun cas être cueillie. Mais vous n’aurez certainement pas ce document à l’es prit, alors soyez logique et attentif : ne cueillez pas de plante qui ne soit abondante là où vous êtes. Peut-être pourrez-vous vous inspirer des Indiens d’Amérique qui se contentaient de saluer le premier individu d’une espèce qu’ils souhaitaient cueillir, ne touchaient pas à la seconde non plus, mais ne commençaient à récolter que les suivantes – en en laissant toujours en suffisance pour que l’espèce se perpétue localement.

Récolter des végétaux dans la nature nécessite de connaître ce qu’il ne faut pas toucher (voir les règles de cueillette p. 000). Il importe donc d’avoir une idée précise des plantes protégées selon les régions. Vous en trouverez ci-dessous les listes nationales pour la France, la Suisse et la Belgique, mais d’autres réglementations à plus petite échelle peuvent également s’appliquer (arrêtés préfectoraux ou communaux, listes cantonales, etc.).

Liste des espèces végétales protégées en France
Les espèces végétales sont protégées en France au titre des articles L411-1 et 2 du code de l’environnement.
La liste principale, établie par le ministre de l'environnement, le ministre de l'agriculture, et le ministre de la santé, est applicable à l'ensemble du territoire national. Elle est consultable sur le site du ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire :
Il existe également d’autres listes, de portée régionale. La liste des arrêtés s’y rapportant peut être consultée sur le site ci-dessus.
Consultez aussi cette page sur Wikipedia qui présente la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire français métropolitain :

Liste des espèces végétales protégées en Belgique
Les annexes VIa et VIb du décret du Gouvernement Wallon du 06/12/2001 désignent les plantes protégées et menacées de Wallonie. La liste en est consultable sur le site de la biodiversité en Wallonie.

Liste des espèces végétales protégées en Suisse
Les espèces végétales sont protégées en Suisse par l’Ordonnance sur la protection de la nature et du paysage. La liste des plantes protégées au niveau national est consultable sur le site de la Confédération :
Des listes complémentaires sont établies au niveau de chaque canton.
Pour plus de détails, tant au niveau fédéral que cantonal, on consultera Les plantes protégées de Suisse, de Mathias Vust et Pierre Galland, aux Éditions Delachaux et Niestlé (2001).